Les Millennials façonnent le monde du travail de demain

Si vous êtes né entre 1980 et 1995 (génération Y) ou entre 1996 et 2010 (génération Z), vous êtes un Millennial, et vous avez le pouvoir. Pas encore ? En tout cas, les entreprises ont besoin de vous, et vous faites déjà bouger les lignes du monde du travail. Les RH l’ont bien compris.

Les Millennials aux manettes

Le marché de l’emploi, notamment dans des métiers liés au digital, appartient aux Millennials. Ils composent la moitié de la classe active des pays développés en 2020, et seront majoritaires une fois que la génération Z aura terminé son entrée sur le monde du travail. Sans faire de jeunisme, il importe donc de bien les connaître pour mieux les attirer, apprendre à travailler avec eux et réussir à les fidéliser.

De même que leurs valeurs, attentes et comportements pèsent déjà considérablement dans la société, les Millennials ont une vision du monde du travail qui peut révolutionner l’entreprise. Cette dernière a s’appuie sur eux pour construire sa transformation digitale. Elle n’a d’autre choix que de se préparer à accueillir cette nouvelle sorte de talents et de s’adapter à eux. Alors qui sont-ils ?

Portrait-robot : quête de sens, collaboration et autonomie

Les Millennials sont la première génération mondialisée d’un point de vue sociologique, et la première génération numérique. Ils ont grandi dans un univers plus transparent, transversal, interconnecté (« jamais sans mon smartphone »), fluide et ouvert. Ils n’ont plus les mêmes besoins ni les mêmes aspirations que leurs parents, et regardent l’entreprise d’un œil bien différent.


Les Millennials se caractérisent tout d’abord par leur quête de sens. Il ne s’agit plus de travailler seulement pour une rémunération qui permettra de mener sa vraie vie ailleurs, mais également de vivre à travers son travail. Cette nouvelle génération est assez tranchante. Si le monde du travail ne répond pas à son aspiration de sens, le Millennial ira le chercher tout seul.

En matière de management également, les Millennials ont une vision radicalement différente. Plébiscitant l’autonomie et le travail collaboratif, ils remettent souvent en question le management vertical et pyramidal, tout en souhaitant être guidés.

Se sentir utile dans son milieu professionnel ne suffit plus. Source d’épanouissement personnel, le travail est perçu comme une expérience, un moment de vie. Le bien-être au travail est central, et ne peut désormais plus se réduire à de simples avantages matériels. Les Millennials sont, plus encore que les générations précédentes, à la recherche de lien social et d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle … ce que 87% d’entre eux disent ne pas trouver dans leur emploi. Au total, c’est plus de la moitié des salariés (54,2%) qui quittent leur entreprise par manque de lien social.

Comment attirer et fidéliser Millennials et Gen Z ?

Attirer, recruter, motiver et fidéliser les Millennials sont devenus des enjeux majeurs pour les fonctions RH. Or, les relations avec ces jeunes talents, qui remettent en cause le management fondé sur la hiérarchie, ne vont pas de soi.

Répondre à leurs attentes demande un effort de décryptage : les Millennials voudraient plus d’autonomie, mais pas moins d’encadrement ? Ce n’est pas forcément contradictoire si l’on considère que l’encadrement n’est pas à supprimer, mais à faire évoluer. En prenant acte de la mort du cadre pyramidal, devenu obsolète, et en reconfigurant les pratiques managériales, il est possible de répondre au besoin des plus jeunes d’être guidés par des managers inspirants, plus coachs que censeurs. L’autorité de fait devient autorité de compétence. Les entreprises qui instaurent plus d’horizontalité, favorisent des modes de travail agiles et collaboratifs, et valorisent le partage et le transfert de compétences sont sur la bonne voie.

Dès lors que les Millennials privilégient l’expérimentation concrète et le travail en équipe, ils ont besoin de suffisamment de marges de manœuvre et d’autonomie pour mener à bien leurs projets. A l’heure où les employeurs encouragent l’esprit entrepreneurial et les initiatives intrapreneuriales, ce désir d’indépendance et de liberté n’est pas incompatible avec le cadre de l’entreprise, tant qu’il s’accompagne d’une forte éthique et d’un sens des responsabilités.

Le lien social avant tout

En matière de qualité de vie au travail (QVT), disposer d’un baby-foot et de bean bags ne suffit plus à rendre l’entreprise désirable et intéressante. Selon une enquête ParisWorkPlace, 34 % des moins de 35 ans déclarent s’ennuyer au cours d’une journée de travail. Certes, les Millennials apprécient les espaces de vie verts, confortables et modulables, une alternance de bulles calmes et de salles de pause plus festives. Mais ce qu’ils prennent en compte avant tout, c’est la qualité du lien social au sein de l’entreprise. Ce qu’ils attendent de cette dernière, c’est d’être « un vecteur de lien social et d’interactions », souligne l’enquête.

A l’heure de la distanciation sociale, séminaires et événements off-site ne sont plus d’actualité. Alors comment maintenir ce lien si précieux avec l’entreprise et entre les collaborateurs ? Comment faire en sorte que « le travail devient un happening » (la formule est de JLL) ? Comment préserver des occasions de convivialité et d’échanges ?

Peut-être cette génération ultra-connectée n’attend-elle rien d’autre qu’une version digitale des lounges, agoras, work-cafés et autres fablabs – ces espaces où se connecter, réinventer le monde, partager son savoir et se donner rendez-vous pour le prochain cours de pilates ?

* Enquête ParisWorkPlace citée dans Les Echos